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ÉDUCATION  POSITIVE :

DE QUOI ON PARLE ?

Contrairement à ce que certaines personnes pensent, l’éducation dite positive (ou bienveillante, force-free ou humane pour les anglophones), ce n’est pas que des friandises à la pelle, ni une tendance passagère venue des Etats-Unis. Bien sûr, les récompenses alimentaires sont un outil souvent primordial dans l’éducation et dans la gestion des troubles du comportement, mais il est réducteur de réduire nos méthodes à cela.

 

L’éducation positive, c’est avant tout un ensemble de méthodes appuyées par de nombreuses études scientifiques depuis plusieurs décennies maintenant. L’éthologie, ou l’étude du comportement animal, est une discipline scientifique vieille de plusieurs siècles. Skinner, psychologue américain, a posé les bases du conditionnement opérant sur lesquelles nos connaissances actuelles reposent au milieu du 20ème siècle. Depuis, de nombreuses études ont prouvé l’efficacité des méthodes positives (1), et ont montré l’impact négatif des méthodes coercitives (employant la peur, le stress ou la douleur) sur les chiens (2).

 

Pas besoin d’un doctorat pour comprendre que l’utilisation d’un collier électrique, de coups de laisses ou l’étranglement détériorent la relation que le chien entretient avec les humains, vont inhiber son exploration naturelle, réduiront sa confiance en soi, etc.

 

Au-delà du bien-être du chien (qui reste l’élément le plus important dans cette discussion), il est évidemment plus agréable d’interagir avec son chien d’une façon douce, proactive et positive plutôt que de devoir hausser la voix ou procurer de la douleur toutes les cinq minutes, comme le préconisent plus ou moins ouvertement certains professionnels. L’éducation positive favorise une relation équilibrée, centrée sur l’échange et le travail d’équipe plutôt que l’adversité et le conflit.

 

Certains émettent une critique de la récompense alimentaire, qui serait donnée à outrance, et ne servirait qu’à appâter le chien sans qu’il n’apprenne réellement. Là encore, les fameux travaux de Pavlov et de Skinner sur le conditionnement ont depuis longtemps démontré que le cerveau des animaux (oui, nous y compris) apprend par association, positive comme négative. L’alimentaire, qui présente naturellement une grande appétence pour nos chiens, va faciliter la création d’associations positives, et ce souvent rapidement.

 

Il est cependant important de rappeler que l’alimentaire n’est qu’un type de récompense possible, et que tout bon éducateur vous conseillera de vous adapter à votre chien, qui est unique. Pour lui, peut-être que le jeu sera une meilleure récompense, ou peut-être qu’une caresse ou une félicitation verbale seront parfaitement efficace. À l’inverse, pour certains chiens, être caressés dans certains contextes peut être mal vécu. Il faut donc bien connaître son chien, et trouver ce qui lui correspond à lui !

 

 

Petite parenthèse technique :

Un outil très pratique en éducation, c’est la boîte de Skinner

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour faire simple, le renforcement augmente un comportement, la punition le diminue.

Le positif c’est quand on ajoute quelque chose, et le négatif on le soustrait.

 

On a donc quatre options :

- Le renforcement positif, le plus connu : on ajoute quelque chose de cool pour augmenter un comportement (une friandise, une caresse, un jouet…)

 

- Le renforcement négatif : on enlève quelque chose de pas cool pour augmenter un comportement (on tend la laisse, et on relâche quand le chien obtempère, un bruit désagréable s’arrête…)

 

- La punition positive : on ajoute quelque chose de pas cool pour diminuer un comportement (décharge électrique, coup, cri…)

 

- La punition négative : on enlève quelque chose de cool pour diminuer un comportement (arrêt du jeu, isolement social de quelques minutes…). Le mot “punition” peut faire peur, mais c’est un simple terme technique !

 

En éducation positive (qui porte d’ailleurs plutôt mal son nom), on utilise donc le renforcement positif et (en général plus rarement) la punition négative. La punition positive est évidemment exclue, mais aussi le renforcement négatif (vous imaginerez assez facilement pourquoi.).

 

 

Quand on parle d’éducation positive, il peut arriver que l’on pense à un laissez-faire total, une absence de règles, aux fameux “chiens-enfants” ou “chiens-rois”. Ce sont des idées préconçues. En effet, l’éducation positive vise à favoriser le bien-être des chiens : un cadre de vie structurée, avec des règles claires est essentiel pour qu’un chien se sente bien. Il faut donc distinguer le fait d’utiliser des méthodes positives d’une approche totalement permissive (qui peut parfois être irréaliste, voir dangereuse selon les contextes). Il faut donc garder une structure compréhensible, en toute bienveillance. Pour rappel, on préférera bien sûr toujours une personne trop permissive qu’une personne travaillant en coercitif !

 

Les chiens n’ont pas choisi la cohabitation avec nous, ni de vivre dans notre société avec toutes les règles qu’elle implique. Il est important de leur apprendre ces dernières, mais de tout faire pour ne pas qu’ils les subissent, pour leur bonheur et pour le nôtre !

 

 

Pour en savoir un peu plus :

 

(1) : https://research-information.bris.ac.uk/en/publications/training-methods-and-owner-dog-interactions-links-with-dog-behavi/?

 

(2) : https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1558787817300357?utm).

https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371%2Fjournal.pone.0225023&

 
 

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